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L’inclusion des réfugiés et migrants en zones rurales en Suède

Le fait que la Suède soit la première destination de demandeurs d’asile relocalisés n’est pas un hasard. Menant la politique d’accueil la plus généreuse d’Europe depuis des années, la Suède a été le premier pays européen à accorder, en 2013, un permis de séjour à tous les réfugiés syriens : 15% de la population résidant aujourd’hui en Suède n’est pas née dans le pays[1]. Proportionnellement à sa population (9,6 millions d’habitants), elle reçoit aujourd’hui plus de demandeurs d’asile que tout autre pays de l’Union européenne (81 000 demandes en 2014)[2]. Ce pays dispose donc d’une longue expérience d’intégration des migrants.

L’Etat héberge les réfugiés dès leur arrivée, le temps que l’administration les dirige vers les centres d’accueil sur tout le territoire, un territoire essentiellement rural avec une faible densité de population. Alors, pour atteindre ses objectifs de renforcement de la compétitivité, encourager l’esprit d’entreprise et la promotion des connaissances et de l’innovation en zones rurales, tout en obtenant des effets positifs pour l’environnement, la politique de développement rural suédoise mise notamment sur l’inclusion des personnes d’origine étrangères avec le soutien des programmes européens.

Constatant la dépopulation des zones rurales et la forte sous-représentation des personnes d’origine étrangère dans les secteurs de l’agriculture, de la sylviculture et dans les projets de développement rural, le Réseau Rural Suédois a fait de l'intégration des réfugiés et des immigrants une priorité avec la mise en place d’un groupe de travail sur cette question depuis la période de programmation 2007-2013. Cette initiative « Intégration » est portée par des citoyens et des ONG. Son approche consistait à améliorer la perception des populations étrangères en tant que ressources par les administrations et les entreprises rurales, tout en augmentant la connaissance des programmes de développement rural par les personnes étrangères pour augmenter leur capacité à y participer directement.

Parmi les projets mis en œuvre (Eco trails, Green Future), citons « Open Borders », un projet en collaboration avec le National Land Survey, une municipalité de Borlänge et une agence pour l’emploi afin de débroussailler 900 kms de frontières entre propriétés. La majorité des participants étaient somaliens, et après leur formation et l’opération, ils ont presque tous trouvé un emploi. Ils sont complétés par d’autres initiatives, telles que des programmes de radio en arabe et en somalien sur les opportunités de vie et de travail en zone rurale, la participation à divers séminaires en réponse à un grand besoin de lieux de rencontres et de réseautage. Des publications sont également diffusées pour sensibiliser et informer : une « checklist » présentant les avantages à travailler activement à l’intégration pour les organisations ; une brochure d’aide à la recherche d’appui pour monter un projet d’intégration ; une étude sur 9 projets d’inclusion sociale « successful match », de formation et de création d’emplois en zones rurales.

Pour 2014-2020, ce groupe va recevoir des ressources supplémentaires pour intensifier son action. Le plan d’action 2015-2016 se concentre sur la cartographie des exemples intéressants et des zones à potentiel dans un but de dissémination ; des activités de formation, d’apprentissage des langues et l’emploi, ainsi que la création de nouvelles entreprises par les migrants dans le prolongement du programme précédent ; et enfin, un modèle expérimental d’inventaires de logement en zone rurale.

La coopération et l’échange mutuel avec d’autres pays et régions font partie des objectifs de ce réseau. Il a lancé une série d'opérations présentées à la 14ème EurAcademy d’Eté en Grèce en Septembre dernier sur le thème « ONG rurales : catalyseurs de cohésion sociale et de développement durable ». L'une de ces opérations consiste à recenser et faire connaître les initiatives citoyennes qui favorisent l'inclusion sociale des migrants dans les villages.

Face à l’évolution rapide de la situation en Europe aujourd’hui, le Réseau Rural Suédois, se fondant sur sa longue pratique et sa tradition d’accueil des migrants, consolide ses actions et en expérimente de nouvelles pour tenter d’apporter des réponses à long terme et de maintenir la cohésion d’une société à la longue tradition d’accueil.

Plus d’infos: Swedish Rural Network et AEIDL

[1] OCDE

[2] Eurostat


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