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Italie: des villages reprennent vie grâce aux migrants

Riace, un petit village du sud de l'Italie perdu au milieu de la Calabre, était destiné à disparaître à cause d'un exode rural massif de ses habitants. Aujourd'hui, il s’est repeuplé grâce à l'immigration. En juillet 1998, une embarcation avec 300 Kurdes à bord, échouée sur la côte, avait été accueillie à bras ouverts par les riverains. C'est le déclic, des Afghans, des Africains et d'autres réfugiés de différentes nationalités sont arrivés à leur tour pour peu à peu redonner vie à la bourgade. 

Quelque 6 000 réfugiés sont passés par le village au fil des ans. Beaucoup continuent leur route mais certains restent et se lancent dans l’artisanat ou le commerce de détail. 17 ans plus tard, les vieilles maisons ont été rénovées pour l’hébergement des migrants. Des écoles ont été rouvertes pour la scolarisation des enfants mais aussi des adultes.

Ce repeuplement a été possible grâce aux actions menées par le maire du village, Domenico Lucano. Il s'est battu auprès de l'État et de l'Europe afin d'obtenir des financements pour l'installation de ces réfugiés sur place. Il estime que la venue de ces migrants a permis de sauver Riace: «Les migrants qui sont arrivés ici sont des personnes utiles. Ils nous ont permis de reconstruire et de rouvrir les écoles, de relancer les ateliers d'artisanat pour redonner vie au village», affirme-t-il.

Même son de cloche dans un autre village calabrais, Satriano, qui a intégré une vingtaine de migrants: «Leur présence est une opportunité pour repeupler la ville», estime le maire de Satriano, Michele Drosi. «Elle peut créer un cercle vertueux.»

Riace et Satriano font partie d'un réseau national de 376 communes appelé SPRAR (Système de protection pour les réfugiés et demandeurs d'asile). Créé par le ministère italien de l'Intérieur, le réseau est financé par l’Etat italien et l'Union européenne. Sa gestion centralisée a été confiée à l' Association nationale des Communes italiennes. Les modèles de Riace et Satriano sont de bons exemples de ce que SPRAR appelle «l’integrata de accoglienza», l’accueil intégré.

A Satriano, une coopérative locale, Globe Media, gère le projet pour le compte de la commune. Globe rassemble presque exclusivement d'anciens migrants qui ont obtenu la nationalité italienne. C’est le cas de son président, Khalid Elsheikhe, venu en Italie du Soudan au début des années 1990. Globe aide les réfugiés à acheter de la nourriture, à trouver un logement et à apprendre l’italien. Elle aide également les réfugiés à rédiger leur demande d'asile, à rassembler les documents nécessaires et les entraîne à ce qu'il faut dire au cours de leur entrevue officielle.


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