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Meet Fatima Bellaredj and the first regional incubator Alter'Incub (FR)

Lauréate du Prix de l’Engagement Sociétal 2014 décerné par Ernst & Young et le magazine l’Express pour la Région Méditerranée, Fatima Bellaredj est une féministe et militante, diplômée en sciences économiques et en sciences politiques, primée pour son engagement de longue date en faveur de l’innovation sociale. Directrice de l'Union Régionale des Scop Languedoc-Roussillon (URSCOP LR) depuis Janvier 2014, Présidente de Synersud (Réseau régional spécialisé dans l’accompagnement et la création des entreprises innovantes), elle est la cheville ouvrière d'Alter'Incub, premier incubateur régional d’entreprises socialement innovantes créé à Montpellier en 2007, dont elle fût la directrice.

SIE a interviewé Fatima dans le cadre de notre série, "Women in Social Innovation".

Dans quel contexte Alter’Incub a-t-il été créé et qu’offre-t-il aux entreprises socialement innovantes?

Alter’incub a été le premier incubateur régional d’innovation sociale à une période où l’innovation n’était abordée principalement que d’un point de vue technologique. L’idée était clairement d’apporter des réponses entrepreneuriales et collectives à des problématiques sociétales, comme mieux se nourrir, se loger, se soigner ou bien vieillir … Nous pensions humblement que l’économie sociale et solidaire, notamment avec son modèle coopératif, disposait de véritables atouts dans ses compétences d’accompagnement à la création, comme sa connaissance de l’entrepreneuriat collectif, sa maîtrise de l’ingénierie financière nécessaire à tout projet d’entreprise ou tout simplement en étant à la croisée des chemins de professionnels de l’entreprise qui se côtoient peu, comme c’est le cas des professionnels de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) et ceux de l’innovation.

Quels sont les résultats, l’impact, de cet incubateur après 7 ans d’existence?

C’est indéniablement le potentiel d’entreprises socialement innovantes sur nos territoires, et donc l’intérêt de pouvoir s’appuyer sur un dispositif tel qu’Alter’Incub. C’est aujourd’hui, une trentaine d’entreprises pérennes créées en Languedoc-Roussillon  dans les domaines de la santé, de l’environnement, des nouvelles technologies ou de la culture. C’est aussi les toutes premières entreprises créées sur d’autres territoires grâce à la duplication d’Alter’Incub, duplication que nous avons accompagnées en Rhône-Alpes et Poitou-Charentes.

 C’est aussi le travail réalisé sur le décloisonnement entre acteurs et la complémentarité des compétences de chacun. Ainsi, plusieurs entreprises que nous avons accompagnées ont profité d’un écosystème vertueux où chacun a su trouver sa place, qu’il soit spécialiste en innovation technologique, sociale ou d’usage, ou généraliste dans le métier de la création. C’est l’exemple de « La Coutinelle », restaurant sans gluten qui a créé sa propre marque de produits sans gluten. L’accompagnement d’Alter’Incub a permis la création de cette Scop, socialement innovante par sa réponse complète aux problèmes de discriminations liées aux intolérances alimentaires.  La gamme de produits a été réalisée par l’incubateur AgroValo Méditerrannée qui a mobilisé les chercheurs spécialistes de la qualité alimentaire.

Sommes toutes, le plus beau résultat reste la prise en compte de l’innovation sociale comme une innovation comme une autre : c’est le cas dans la Stratégie de Spécialisation Intelligente 2014-2020, dans les aides à l’innovation de la Région Languedoc-Roussillon, c’est aussi le cas au sein de l’Agence régionale d’innovation Transferts LR.

Avec quel type d’organisation ou de personne aimeriez-vous entrer en contact pour continuer à développer votre travail?

Le développement de l’innovation sociale viendra de notre capacité à ne pas réinventer la poudre, principe déjà appliqué au démarrage d’Alter’Incub en nous associant à l’incubateur technologique, qui a joué le rôle de « parrain ». La bienveillance de sa directrice à l’époque nous avait simplement permis de ne pas réinventer les process et les outils existants et nous a ainsi permis, hormis un gain de temps, de nous concentrer sur notre plus-value.

Aujourd’hui, certaines actions et collaborations nous permettraient  de continuer ce travail sur l’innovation sociale : entrer au GECES pour être force de propositions dans les préconisations à suivre pour le développement de l’innovation sociale et sa prise en compte dans les écosystèmes existants, voire émergents (exemple des accélérateurs d’entreprises)  ; rencontrer la DG Marché intérieur, industrie, entrepreneuriat et PME (GROW) pour proposer une expérimentation de modèle coopératif d’accélérateur d’innovation sociale ; identifier et collaborer avec des incubateurs d’innovation sociale dans d’autres pays de l’UE, notamment au Royaume Uni .


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